Guide complet · Pension alimentaire

Pension alimentaire pour un enfant : montant, barème, revalorisation et impôts

Le montant figure dans un jugement ou une convention, puis il vit sa vie : revalorisation chaque année, frais en plus, déclaration d'impôts, parfois des retards. Voici comment tout cela s'articule.

Par la rédaction AccorelioMis à jour le 12 min de lectureSources officielles citées

Banc d'entrée avec un cartable d'enfant, une boîte à goûter et un imperméable suspendu
En bref

La pension alimentaire d'un enfant est fixée par le juge ou par la convention de divorce, selon les ressources des deux parents, le mode de garde et les besoins de l'enfant. Le barème du ministère de la Justice donne un ordre de grandeur : pour un parent qui gagne 2 000 € par mois, environ 182 € pour un enfant en droit de visite classique. Elle se verse 12 mois sur 12 et se revalorise chaque année si la décision le prévoit.

Comment le montant de la pension est-il fixé ?

Le montant tient compte des ressources de chacun des parents, du mode de garde et des besoins de l'enfant (Service-Public). Dans un divorce par consentement mutuel, les parents le fixent eux-mêmes dans la convention signée avec leurs avocats. Dans une procédure judiciaire, c'est le juge aux affaires familiales qui tranche, souvent en s'appuyant sur ce que les parents proposent.

Le mot « ressources » est pris au sens large : salaires, revenus d'activité, pensions, revenus fonciers. Le juge regarde aussi les charges incompressibles, par exemple un loyer ou un crédit. Ce qui compte pour l'enfant, c'est le niveau de vie qu'il aurait eu si ses parents étaient restés ensemble, autant que possible.

Il n'existe aucun montant minimum ou maximum fixé par la loi. Deux familles aux revenus identiques peuvent obtenir des pensions différentes, parce que l'une a des frais de garde ou de santé plus lourds que l'autre.

Le barème du ministère de la Justice

Pour donner un repère, le ministère de la Justice publie une table de référence. On part du revenu du parent qui verse la pension, on retire un minimum vital de 652 €, puis on applique un pourcentage qui dépend du nombre d'enfants et de l'amplitude du droit de visite (justice.fr).

Taux par enfant1 enfant2 enfants3 enfants
Droit de visite réduit18 %15,5 %13,3 %
Droit de visite classique13,5 %11,5 %10 %
Résidence alternée9 %7,8 %6,7 %

Service-Public précise que le simulateur est strictement indicatif (Service-Public). Le juge n'est pas lié par ce calcul, et il s'en écarte dès que la situation sort de l'ordinaire : enfant handicapé, études longues, revenus très élevés ou très irréguliers.

Exemples chiffrés avec le barème

Pour un parent qui gagne 2 000 € par mois et un enfant en droit de visite classique, le calcul donne (2 000 − 652) × 13,5 % = 181,98 € par mois (CommentÇaMarche). Le tableau ci-dessous applique la même formule à d'autres revenus, pour un enfant :

Revenu mensuel du parent débiteurVisite réduite (18 %)Visite classique (13,5 %)Alternée (9 %)
1 500 €152,64 €114,48 €76,32 €
2 000 €242,64 €181,98 €121,32 €
2 500 €332,64 €249,48 €166,32 €
3 000 €422,64 €316,98 €211,32 €

Avec deux enfants, le taux par enfant baisse mais s'applique à chacun : à 2 000 € de revenu, en visite classique, (2 000 − 652) × 11,5 % = 155,02 € par enfant, soit 310,04 € au total. Ces montants sont des points de départ pour discuter, pas une promesse de ce que décidera le juge.

Une pension en résidence alternée, c'est possible ?

Oui. La résidence alternée n'exclut pas la pension : elle peut être due si les ressources des parents sont très différentes (Service-Public). Le barème prévoit d'ailleurs un taux spécifique pour l'alternance, plus faible que pour un droit de visite classique (justice.fr).

Concrètement, prenons Julien qui gagne 3 200 € et Claire 1 700 €, avec Léo une semaine sur deux chez chacun. Le barème appliqué au revenu de Julien donne (3 200 − 652) × 9 % = 229,32 € par mois. Les parents peuvent aussi convenir d'un partage des grosses dépenses à la place d'une pension, ou en plus. Notre guide sur la garde alternée détaille les effets sur les allocations et les impôts.

Quand la pension est-elle versée, et jusqu'à quand ?

Sauf mention contraire dans la décision, la pension est payée 12 mois sur 12, y compris pendant les vacances où l'enfant est chez le parent qui la verse (Service-Public). Beaucoup de parents l'ignorent et réduisent d'eux-mêmes le versement en juillet ou en août : c'est un impayé.

La pension ne s'arrête pas automatiquement aux 18 ans de l'enfant. Elle continue tant que l'enfant n'est pas autonome financièrement, par exemple pendant ses études (Service-Public). Pour arrêter ou réduire le versement, il faut un accord écrit des parents homologué, ou une nouvelle décision du juge.

Comment se calcule la revalorisation annuelle ?

La plupart des décisions prévoient une indexation sur un indice des prix de l'Insee, à une date fixe, souvent le 1er janvier. Le calcul est simple : montant initial × nouvel indice ÷ indice de base. C'est au parent qui verse la pension de faire lui-même la revalorisation, sans attendre de rappel (Service-Public).

Deux pièges reviennent souvent. Le premier : le jugement désigne un indice précis, et il faut utiliser celui-là, pas un autre plus favorable. Le second : quand la pension est fixée par enfant, on revalorise chaque pension séparément puis on additionne. Notre outil gratuit de revalorisation fait ce calcul avec les indices officiels et montre le détail.

Peut-on modifier le montant de la pension ?

Oui, mais pas seul. Le montant fixé par le juge ou par la convention s'applique tant qu'il n'a pas été changé par un nouvel accord des parents, homologué, ou par une nouvelle décision du juge aux affaires familiales. Le parent qui réduit de lui-même son versement, même pour une bonne raison, se met en situation d'impayé.

Le juge peut revoir la pension quand un élément nouveau et important est survenu : perte d'emploi, naissance d'un autre enfant, changement de résidence de l'enfant, hausse sensible des besoins avec l'âge. Il faut le prouver avec des pièces : avis d'imposition, bulletins de salaire, attestation de France Travail, factures.

Si vous êtes d'accord tous les deux, faites-le écrire. Un échange de messages ne suffit pas pour obtenir un titre exécutoire : demandez à vos avocats d'organiser une convention homologuée.

La pension couvre-t-elle tous les frais de l'enfant ?

Non. Une décision du tribunal judiciaire de Poitiers le rappelle clairement : la pension couvre les besoins courants (nourriture, logement, habillement, cantine), pas les frais dits exceptionnels ni les activités extrascolaires (Cour de cassation, décision du TJ de Poitiers). Les frais médicaux non remboursés, les voyages scolaires ou l'orthodontie se partagent donc à part, selon ce que prévoit la décision.

Le partage de ces frais est la première source de conflit après un divorce. Tout est expliqué dans le guide dédié : frais exceptionnels des enfants, qui paie quoi.

Pension alimentaire et impôts : ce qu'il faut déclarer

La pension versée pour un enfant mineur est déductible du revenu du parent qui la verse lorsque l'enfant n'est pas rattaché à son foyer fiscal ; elle est imposable pour le parent qui la reçoit, qui doit la déclarer (impots.gouv.fr).

En résidence alternée, la règle change : l'enfant est en principe compté à charge des deux parents, et la pension versée n'est alors pas déductible (impots.gouv.fr). Pour un enfant majeur, la déduction est plafonnée à 6 855 € par an pour les revenus 2025 (impots.gouv.fr).

Gardez une trace de chaque versement : en cas de contrôle, le parent qui déduit doit pouvoir prouver les montants payés.

L'intermédiation financière de la Caf

Depuis le 1er janvier 2023, l'intermédiation financière est automatique pour toutes les séparations dès qu'un titre exécutoire fixe une pension : le parent débiteur paie l'Aripa, qui reverse la somme à l'autre parent chaque mois (Caf). Le service est gratuit, et les deux parents peuvent le refuser ensemble (Aripa).

Pour le parent qui reçoit, c'est une sécurité : en cas d'impayé, l'organisme lance lui-même le recouvrement. Si la pension n'arrive pas malgré tout, lisez notre guide sur la pension alimentaire impayée.

Questions fréquentes

Quel est le montant moyen d'une pension alimentaire pour un enfant ?

Il n'y a pas de montant fixé par la loi. Avec le barème indicatif du ministère de la Justice, un parent qui gagne 2 000 € par mois verserait environ 182 € pour un enfant en droit de visite classique, et environ 121 € en résidence alternée.

La pension est-elle due pendant les vacances ?

Oui. Sauf mention contraire dans la décision, la pension est versée 12 mois sur 12, y compris pendant les périodes où l'enfant est chez le parent qui la paie.

La pension s'arrête-t-elle aux 18 ans de l'enfant ?

Non. Elle continue tant que l'enfant n'est pas autonome financièrement, notamment pendant ses études. Il faut un accord homologué ou une décision du juge pour l'arrêter.

Qui doit calculer la revalorisation ?

C'est au parent qui verse la pension de l'appliquer chaque année à la date prévue, avec l'indice désigné dans la décision, sans attendre que l'autre parent le lui demande.

Information juridique générale, à jour au 16 octobre 2026. Elle ne remplace pas la lecture de votre convention ou de votre jugement, ni l'avis d'un avocat ou d'un notaire sur votre situation.

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